Aller au contenu
La maison de Dieu

Niveau 4

Initiation au tajwidالتجويد

Le tajwid est l'ensemble des règles de prononciation transmises pour la récitation du Coran. Cette initiation couvre les règles les plus fréquentes, dans la lecture Hafs ʿan ʿAsim.

Contenu pédagogique à relire par un enseignant de tajwid qualifié

Ces explications présentent les règles générales de la lecture Hafs ʿan ʿAsim. Les variantes entre voies de transmission sont signalées lorsqu'elles existent. La translittération et les repères phonétiques ne remplacent pas l'écoute d'un récitateur ni l'enseignement d'un professeur qualifié.
Ces règles s'apprennent d'abord à l'oreille. Pour chaque exemple, écoutez la version « enseignement » d'Al-Husary, qui laisse le temps de répéter. Les durées sont exprimées en « temps » (ḥaraka), la durée d'une voyelle brève.

Nūn sākin et tanwīn

Iẓhār (clarté)

الإظهار الحلقي

Le nūn est prononcé clairement, sans nasalisation prolongée.

Lorsqu'un nūn sākin ou un tanwīn est suivi d'une des six lettres de la gorge, le nūn est prononcé nettement. Dans le Mushaf de Médine, le nūn porte alors un sukūn visible.

Lettres concernées : ء ه ع ح غ خ

ٱلَّذِىٓ أَطْعَمَهُم مِّن جُوعٍ وَءَامَنَهُم مِّنْ خَوْفٍۭ

Quraysh 106:4nūn sākin suivi de khāʾ (خَوْفٍ)

Idghām avec ghunna

الإدغام بغنة

Le nūn se fond dans la lettre suivante, avec nasalisation.

Devant ي ن م و (lettres du mot يَنمُو), le nūn sākin ou le tanwīn s'assimile à la lettre suivante en gardant une nasalisation d'environ deux temps. Cette assimilation n'a lieu qu'entre deux mots.

Lettres concernées : ي ن م و

فَمَن يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُۥ

Az-Zalzalah 99:7nūn de فَمَن suivi de yāʾ (يَعْمَلْ)

أُو۟لَٰٓئِكَ عَلَىٰ هُدًى مِّن رَّبِّهِمْ ۖ وَأُو۟لَٰٓئِكَ هُمُ ٱلْمُفْلِحُونَ

Al-Baqarah 2:5tanwīn de هُدًى suivi de mīm (la shadda sur le mīm suivant marque l'assimilation)

Idghām sans ghunna

الإدغام بغير غنة

Le nūn disparaît complètement dans le lām ou le rāʾ.

Devant ل et ر, le nūn sākin ou le tanwīn est totalement assimilé, sans nasalisation. La shadda sur la lettre suivante l'indique.

Lettres concernées : ل ر

أُو۟لَٰٓئِكَ عَلَىٰ هُدًى مِّن رَّبِّهِمْ ۖ وَأُو۟لَٰٓئِكَ هُمُ ٱلْمُفْلِحُونَ

Al-Baqarah 2:5مِّن suivi de رَّبِّهِمْ : rāʾ portant la shadda

Iqlāb (conversion)

الإقلاب

Devant bāʾ, le nūn devient un mīm nasalisé.

Lorsqu'un nūn sākin ou un tanwīn précède la lettre ب, il est prononcé comme un mīm caché avec ghunna. Le Mushaf de Médine le signale par un petit mīm (ۢ).

Lettres concernées : ب

كَلَّا ۖ لَيُنۢبَذَنَّ فِى ٱلْحُطَمَةِ

Al-Humazah 104:4لَيُنۢبَذَنَّ

Ikhfāʾ (dissimulation)

الإخفاء الحقيقي

Le nūn est à demi prononcé, avec nasalisation.

Devant les quinze lettres restantes, le nūn est prononcé entre la clarté et l'assimilation, avec une ghunna d'environ deux temps. Dans le Mushaf de Médine, le nūn n'y porte pas de sukūn.

Lettres concernées : ت ث ج د ذ ز س ش ص ض ط ظ ف ق ك

مِن شَرِّ مَا خَلَقَ

Al-Falaq 113:2مِن suivi de shīn (شَرِّ)

ٱلَّذِىٓ أَطْعَمَهُم مِّن جُوعٍ وَءَامَنَهُم مِّنْ خَوْفٍۭ

Quraysh 106:4مِّن suivi de jīm (جُوعٍ)

Mīm sākin

Ikhfāʾ shafawī

الإخفاء الشفوي

Mīm sākin devant bāʾ : mīm caché avec ghunna.

Un mīm sākin suivi de ب est prononcé avec une légère dissimulation et une nasalisation.

Lettres concernées : ب

تَرْمِيهِم بِحِجَارَةٍ مِّن سِجِّيلٍ

Al-Fil 105:4تَرْمِيهِم suivi de بِحِجَارَةٍ

Variantes : Certains lecteurs prononcent un mīm clair dans ce cas ; la pratique la plus répandue en Hafs est l'ikhfāʾ.

Idghām shafawī

إدغام المثلين الصغير

Mīm sākin devant mīm : les deux se fondent, avec ghunna.

Le premier mīm s'assimile au second, qui porte la shadda.

Lettres concernées : م

ٱلَّذِىٓ أَطْعَمَهُم مِّن جُوعٍ وَءَامَنَهُم مِّنْ خَوْفٍۭ

Quraysh 106:4أَطْعَمَهُم suivi de مِّن

Iẓhār shafawī

الإظهار الشفوي

Mīm sākin devant toute autre lettre : prononcé clairement.

Le mīm garde son sukūn et se prononce nettement, en veillant particulièrement devant و et ف.

أَلَمْ تَرَ كَيْفَ فَعَلَ رَبُّكَ بِأَصْحَٰبِ ٱلْفِيلِ

Al-Fil 105:1أَلَمْ suivi de tāʾ (تَرَ)

Nasalisation

Ghunna du nūn et du mīm doublés

الغنة

Nūn ou mīm portant une shadda : nasalisation d'environ deux temps.

Le son passe par le nez pendant environ deux temps de voyelle.

إِنَّ ٱلْإِنسَٰنَ لَفِى خُسْرٍ

Al-'Asr 103:2إِنَّ

ثُمَّ كَلَّا سَوْفَ تَعْلَمُونَ

At-Takathur 102:4ثُمَّ

Articulation

Qalqala (rebond)

القلقلة

Léger rebond sonore sur ق ط ب ج د quand elles sont sans voyelle.

Ces cinq lettres (mot mnémotechnique قُطْبُ جَدٍّ) portant un sukūn, ou en fin de mot à l'arrêt, sont prononcées avec un petit rebond, sans ajouter de voyelle.

Lettres concernées : ق ط ب ج د

لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ

Al-Ikhlas 112:3يَلِدْ

إِنَّآ أَنزَلْنَٰهُ فِى لَيْلَةِ ٱلْقَدْرِ

Al-Qadr 97:1ٱلْقَدْرِ : dāl sākin

Article al-

Lām lunaire (qamariyya)

اللام القمرية

Le lām de l'article est prononcé.

Devant quatorze lettres, le lām de l'article porte un sukūn et se prononce : al-falaq.

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ ٱلْفَلَقِ

Al-Falaq 113:1ٱلْفَلَقِ

Lām solaire (shamsiyya)

اللام الشمسية

Le lām de l'article n'est pas prononcé ; la lettre suivante est doublée.

Devant quatorze autres lettres, le lām est écrit sans signe et la lettre qui suit porte une shadda : an-nās.

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ ٱلنَّاسِ

An-Nas 114:1ٱلنَّاسِ

Allongements (madd)

Madd naturel (ṭabīʿī)

المد الطبيعي

Voyelle longue simple : deux temps.

Un alif précédé d'une fatḥa, un wāw sākin précédé d'une ḍamma ou un yāʾ sākin précédé d'une kasra s'allongent de deux temps, sans hamza ni sukūn après eux.

مَٰلِكِ يَوْمِ ٱلدِّينِ

Al-Fatihah 1:4ٱلدِّينِ : yāʾ précédé d'une kasra

Madd muttaṣil (lié)

المد المتصل

Lettre de prolongation suivie d'une hamza dans le même mot : allongement obligatoire.

La madda (ٓ) l'indique. La durée est de quatre ou cinq temps selon la voie de transmission suivie.

إِذَا جَآءَ نَصْرُ ٱللَّهِ وَٱلْفَتْحُ

An-Nasr 110:1جَآءَ

Variantes : Durée : 4 ou 5 temps en Hafs selon la ṭarīq (voie de transmission) ; jusqu'à 6 à l'arrêt dans certains cas. À préciser avec un enseignant.

Madd munfaṣil (séparé)

المد المنفصل

Lettre de prolongation en fin de mot, hamza au début du mot suivant.

Également signalé par la madda dans le Mushaf de Médine.

إِنَّآ أَعْطَيْنَٰكَ ٱلْكَوْثَرَ

Al-Kawthar 108:1إِنَّآ suivi de أَعْطَيْنَٰكَ

Variantes : Durée : 4 ou 5 temps dans la voie de la Shāṭibiyya ; 2 temps (qaṣr) est aussi transmis par d'autres voies de Hafs.

Madd lāzim (nécessaire)

المد اللازم

Lettre de prolongation suivie d'une lettre à sukūn permanent ou d'une shadda : six temps.

L'allongement est de six temps dans toutes les voies.

صِرَٰطَ ٱلَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ ٱلْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا ٱلضَّآلِّينَ

Al-Fatihah 1:7ٱلضَّآلِّينَ

Références générales : Tuḥfat al-Aṭfāl (Sulaymān al-Jamzūrī), al-Muqaddima al-Jazariyya (Ibn al-Jazarī), notice explicative du Mushaf de Médine. Ces ouvrages sont cités comme références de la tradition ; la formulation ci-dessus est une vulgarisation.

S'exercer sur les règles →